Jeudi 5 mai 2011
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Avant d'avancer ma thèse, qui consiste en une critique de la pensée de Nietzsche, il faut d'abord que je présente la
thèse que j'aimerais critiquer, ou plutôt modifier . le fondement de la pensée de Nietzsche est basé sur une critique vigoureuse de la morale , est c'est ce point que j'aimerais dans un premier
temps éclairer .
La morale représente la racine métaphysique de l'homme, celle qui, comme certains le diront, le
différencie de l'animal en reprenant la phrase de Schopenhauer " l'homme est un animal métaphysique" . En effet, la morale désigne l'ensemble des règles qui déterminent la qualité des objets
considérés dans les jugements de valeur, elle se propose comme un ensemble de valeurs transcendantes définissant le bien et le mal . Ces valeurs transcendantes permettent de juger le monde , de
donner un comparatif absolu, fini, a celui ci, qui par nature, ne l'est pas . Ces valeurs marquent la prééminence des figures abstraites et mentales sur la réalité, l'idéalisme, où l'absolu
métaphysique est posé entant que comparatif avec le monde physique , afin d'en définir une cohérence établie de la même manière que les axiomes mathématiques ont étés "admis" comme référentiel et
permettent de donner une cohérence mathématique du monde , alors que ceux ci restent fictifs . Cette tendance a admettre l'absolu ou la finitude relève de la détresse de l'homme quand a l'absence
de référentiel existentiel dans le monde sensible, c'est pourquoi l'homme ressens le besoin existentiel de s'imaginer un référentiel métaphysique, en dehors du monde sensible, puis-ce que
celui-ci ne suffit plus, a travers la croyance aveugle en certains idéaux qui sont la manifestation, "l'ombre" des valeurs morales . Ainsi la morale se manifeste entant que référentiel
métaphysique qui permet a l'homme, par la croyance, de répondre a son besoin existentiel ; On observe ce phénomène dans la prédisposition humaine et le besoin du peuple de "croire" en tout un
panthéon "d'entités divines" qui représentent la myriade d'idéaux qu'a pu engendrer la morale .Cependant cette tendance n'a
pour seule conséquence que de réduire l'homme, de le censurer, car l'homme moral dénigre son existence physique au nom de ses idéaux métaphysiques, la vie terrestre n'est a ses yeux qu'une vie de
douleur, de sacrifice, qu'il juge ainsi en la comparant a ses idéaux, son "au-delà" . cette personne nie la nature il la dévalorise, il la réduit en esclavage, c'est le "nihilisme des
faibles"** de la pensée de Nietzsche, la dévaluation du monde naturel au nom d'un monde suprasensible . Ce nihilisme inconséquent aboutit a la suppression de soi : "Voici venir la contradiction entre le monde que nous vénérons et le monde que nous vivons, que nous sommes. Il nous reste, soit à supprimer notre vénération, soit à nous
supprimer nous-mêmes. Le second cas est le nihilisme ." la négation du monde mène au déchirement intérieur, au "pathos", l'état maladif, la faiblesse de l'homme, et la volonté d'auto-suppression*
.
Cependant pour revenir sur la thèse principale, il est juste de dire que l'homme
qui a tué dieu n'as pas encore tiré les conséquences de ses actes, en effet, on observe qu'il a conservé ses idéaux en transformant la morale
chrétienne en une forme de doctrine des "bons sentiments" , conservant par la même occasion sa "maladie". il est en opposition avec la "nihilisme des
forts"**, qui consiste a ne pas être abattu par l'absurdité du monde, il ne s'agit pas de nier le monde mais de nier l'être , le pessimisme divin tel que Nietzsche aimait à le penser . il résulte
du procédé de la transvaluation des valeurs a travers l'éternel retour qui mène a l'état de
surhomme, incarnation sublimée de la volonté de puissance* . j'expliquerais ces concepts en temps
voulu , mais c'est en cet état, le "surhomme", que Nietzsche voir l'avenir de l'homme une fois qu'il aura compris et assumé la mort de dieu, " Ne nous faut-il pas devenir nous-mêmes des Dieux pour apparaître seulement dignes de
lui ? "
A suivre.
* La volonté de puissance est totalement a l'opposé de la
volonté de suppression, de la même manière que le "fort" est a l'opposé du "faible" .
** Attention , la force ou la
faiblesse ne se posent pas en thermes socio-politiques ou idéologiques , le "fort" n'écrase pas le "faible" , mais le "fort" est celui qui aspire à réaliser l’accomplissement de
l’homme, tandis que le "faible" a pour objectif de se refuser à lui-même cet accomplissement . ambiguïté sur laquelle ont joué bon nombre d'idéologies pseudo-Nietzschéenne tel que le nazisme , le satanisme , et bien
d'autres...